"Selon la Ligue des droits de l’homme (LDH), des sans-papiers retenus dans ce centre, en attendant leur expulsion du territoire français ou de passer devant un tribunal, ont été victimes de brutalités policières. L’un d’eux, Khaled, âgé d’une vingtaine d’années, aurait subi un tir de Taser. Touché à la poitrine, il a perdu connaissance. Ce qui a nécessité son transfert par les pompiers à l’Hôtel-Dieu, l’hôpital du centre de Paris, qui fait office d’unité médico-judiciaire."
Libération, 25 fevrier 2008.
"(...)Brigade canine toute la nuit, les chiens aboient tout le temps, ils empêchent ceux qui ont les chambres de ce coté de dormir. Les projecteurs sont braqués sur les gens en permanence, dans le réfectoire et les chambres. Ils sont tellement puissants qu'ils traversent les vitres teintées. La lumière est trop forte pour regarder la télé.
Les lits superposés craquent à chaque mouvement. Ça pousse à la crise de nerf, la perte de contrôle, les gens s'en prennent à leur cohabitants. Ma chambre est contigüe aux toilettes. Quand on touche au robinet du lavabo ça fait du bruit, comme un gros boum boum qui dure. Les douches sont bouchées, les toilettes n'ont jamais été désinfectées, depuis un mois que je suis là. Elles sont pleines à craquer, à tel point qu'il faut parfois les vider dehors.
Si on mange un repas équilibré à midi il faut attendre le lendemain soir pour avoir un autre repas complet. Certains ne mangent que du pain et du lait et du fromage. Il y a eu du riz blanc et du couscous sans sauce. Les musulmans sont obligés de renvoyer leur barquette et de se contenter de pain et de yaourt.
Quand je suis arrivé je pesais 70kg, maintenant 55kg. Un ami est passé de 80kg à 60. La plupart perdent un tiers de leur poids.
Les chiens sont comme un CD qui tourne. Cris de chiens ininterrompus toute la journée mais je les vois jamais en face. Les être humains sont utilisés comme des sujets d'expérimentation par l'école de police [qui est contigüe au centre].
Un retenu se fait trainer jusqu'à sa chambre pour vérifier sa carte alors que ça fait 20 jours qu'il est là, qu'il donne son nom matin et soir, et les agents ne sont pas capables de le reconnaître."
Témoignage provenant du centre de rétention administrative de Vincennes.
HNS, mai 2008.
"Les écologistes définissent un écosystème par la présence de certaines "espèces indicatrices" de plantes et d'oiseaux; la torture est l'espèce indicatrice d'un régime qui, même s'il a été dûment élu, est engagé dans un projet profondément antidémocratique."
Naomi Klein, La Stratégie du Choc.
