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1.6.08

Kubark


"Selon la Ligue des droits de l’homme (LDH), des sans-papiers retenus dans ce centre, en attendant leur expulsion du territoire français ou de passer devant un tribunal, ont été victimes de brutalités policières. L’un d’eux, Khaled, âgé d’une vingtaine d’années, aurait subi un tir de Taser. Touché à la poitrine, il a perdu connaissance. Ce qui a nécessité son transfert par les pompiers à l’Hôtel-Dieu, l’hôpital du centre de Paris, qui fait office d’unité médico-judiciaire."

Libération, 25 fevrier 2008.

"(...)Brigade canine toute la nuit, les chiens aboient tout le temps, ils empêchent ceux qui ont les chambres de ce coté de dormir. Les projecteurs sont braqués sur les gens en permanence, dans le réfectoire et les chambres. Ils sont tellement puissants qu'ils traversent les vitres teintées. La lumière est trop forte pour regarder la télé.

Les lits superposés craquent à chaque mouvement. Ça pousse à la crise de nerf, la perte de contrôle, les gens s'en prennent à leur cohabitants. Ma chambre est contigüe aux toilettes. Quand on touche au robinet du lavabo ça fait du bruit, comme un gros boum boum qui dure. Les douches sont bouchées, les toilettes n'ont jamais été désinfectées, depuis un mois que je suis là. Elles sont pleines à craquer, à tel point qu'il faut parfois les vider dehors.

Si on mange un repas équilibré à midi il faut attendre le lendemain soir pour avoir un autre repas complet. Certains ne mangent que du pain et du lait et du fromage. Il y a eu du riz blanc et du couscous sans sauce. Les musulmans sont obligés de renvoyer leur barquette et de se contenter de pain et de yaourt.

Quand je suis arrivé je pesais 70kg, maintenant 55kg. Un ami est passé de 80kg à 60. La plupart perdent un tiers de leur poids.

Les chiens sont comme un CD qui tourne. Cris de chiens ininterrompus toute la journée mais je les vois jamais en face. Les être humains sont utilisés comme des sujets d'expérimentation par l'école de police [qui est contigüe au centre].

Un retenu se fait trainer jusqu'à sa chambre pour vérifier sa carte alors que ça fait 20 jours qu'il est là, qu'il donne son nom matin et soir, et les agents ne sont pas capables de le reconnaître."

Témoignage provenant du centre de rétention administrative de Vincennes.

HNS, mai 2008.

"Les écologistes définissent un écosystème par la présence de certaines "espèces indicatrices" de plantes et d'oiseaux; la torture est l'espèce indicatrice d'un régime qui, même s'il a été dûment élu, est engagé dans un projet profondément antidémocratique."

Naomi Klein, La Stratégie du Choc.


4.2.08

Elle bouge encore...

Sur l'excellent Contre-Journal de Karl Laske :

"Il est l’un des piliers de l’Institut d’Histoire Sociale, aujourd’hui à Nanterre.
Une véritable enquête sur l’UIMM ne saurait faire l’impasse sur cet institut – par ailleurs détenteur d’importants fonds d’archives sur l’histoire syndicale. Dès l’après-guerre, la fraction dure du patronat en particulier dans la métallurgie y joue un rôle en soutenant à sa tête d’anciens collaborateurs, condamnés à la libération : Georges Albertini, ex-bras droit de Marcel Déat au Rassemblement national Populaire, et Claude Harmel, ancien cadre de ce parti pro-nazi. »
«Alors qu’en 1943, il s’en prenait par écrit aux “cervelles talmudiques”, Harmel se reconvertit dans le combat anticommuniste de la guerre froide dès 1949. Il fonde l’Association pour la liberté économique et le progrès social (Aleps), grâce à des fonds patronaux, et l’institut supérieur du travail (Ist) pour former les cadres d’entreprise à l’action antisyndicale. Le 12 décembre 2006, l’anniversaire des quarante ans de l’Aleps a été célébré dans les locaux de l’UIMM à Neuilly, en présence d’Alain Madelin, ancien ministre, et d’Hervé Novelli, alors député, mais aujourd’hui secrétaire d’Etat chargé des entreprises. Dans le compte rendu officiel de cet événement, l’on apprend que MM Madelin et Novelli, heureux de leur “long compagnonnage” avec l’Aleps ont été conquis par Claude Harmel qu’ils considèrent comme “leur père spirituel”. Il est vrai qu’Harmel, l’ancien pro-nazi, avait été choisi par les Presses Universitaires de France pour rédiger leur Que sais-je sur la CGT!
Ce compagnonnage de Novelli avec l’Institut d’histoire sociale, que la lettre de Magazine Hebdo appelait “la principale centrale anticommuniste”, remonte aux années soixante dix, lorsque ces anciens collaborateurs ont attiré et recyclé des militants du groupuscule Occident."

Occident:

"Ce mouvement est fondé en 1964 par Pierre Sidos, fils d’un ancien des Jeunesses patriotes, haut responsable de la Milice sous l’Occupation et fusillé en 1946. Auparavant, il avait fondé Jeune nation, interdit en 1958. Après avoir été évincé d’Occident par des militants plus jeunes, il fondera en 1968, L'Oeuvre française, mouvement nationaliste, catholique, monarchiste, anti-démocrate, antisémite et négationniste. Il refusera toute compromission avec le système démocratique et électoral et se marginalisera dans l’extrême-droite. Il ne rejoindra pas Ordre nouveau ou le Front national, mais apportera son soutien au FN en 1996."

Une liste d'anciens membres de ce groupuscule fasciste:

Patrick Devedjian : UMP, maire d'Antony, député des Hauts-de-Seine, conseillé et représentant du président Nicolas Sarkozy.
Claude Goasgen : Député UMP
Eric Raoult : Député UMP
Hervé Novelli : Député UMP, Secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, chargé des Entreprises et du Commerce ExtérieurGerard Longuet : Député UMP
Alain Madelin : Député UMP

Nicolas Sarkozy devrait choisir un peu mieux son entourage. A moins qu'Alain Badiou soit dans le vrai....



"Il est encore fécond le ventre d'où a surgi la bête immonde" Berthold Brecht


Va falloir finir le boulot...

12.12.07

Karl Kraus




L'élection de Nicolas Sarkozy fut dans le cadre des relations entre les journalistes et le pouvoir un épiphénomène. Rien de nouveau. Il y a juste aujourd'hui une confirmation cynique du pouvoir journalistique de sa soumission au pouvoir politique et financier rien de plus. Ce qui était nié dans le passé est maintenant clairement assumé. La lecture d'un article de mon frère dans l'ouvrage encyclopédique de Jean-Michel Ribes "Le Rire de Resistance" m'a donné envie de rendre hommage autant au journalisme via la figure tutélaire de Karl Kraus, qu'à mon frère tout autant qu'à ces journalistes qui de plus en plus se sentent obligés de migrer vers la toile pour pouvoir s'exprimer:

"Son nom sonne comme quelque chose qui se casse. Karl Kraus s’amusait à envoyer des tartes à la crème à la figure des sérieux ridicules. À la place de la Chantilly, il mettait des briques.
Il fut le directeur, l’éditeur et le rédacteur de Die Fackel, à Vienne, entre 1899 et 1936. Il ne dépendait d’aucun groupe financier, d’aucun patron. Il gagna la confiance de milliers de fidèles qui trouvaient dans ses articles ce qui était passé sous silence dans les journaux officiels. Parmi ses lecteurs et ses amis, on compte Wittgenstein, Broch, Benjamin, Canetti, Musil…
Oscar Kokoschka écrivit : « Karl Kraus est descendu en enfer pour juger les vivants et les morts ». Polémiste paradoxal, il défendait la liberté sur un ton autoritaire ; perpétuellement en colère et indigné, il maniait aussi l’ironie et l’insolence. Ses auditeurs éprouvaient un grand plaisir, un plaisir d’enfants, à assister à ses séances de démolition des châteaux de sable de l’époque. Il s’en prenait à tout le monde, car il ne se sentait tenu par aucune loyauté. Il s’engagea pour l’avortement, les droits des prostituées et la dépénalisation de l’homosexualité. Les lectures qu’il donnait faisaient salle comble.
« Une rosée sanguinolente perle de la fleur de la rhétorique », écrivit Kraus. Il dénonça « die Katastrophe der Phrasen », c’est-à-dire le verbiage, les poncifs et les idées toutes faites. Son grand combat fut de dévoiler le totalitarisme véhiculé dans le langage. Pour lui, la guerre commence dans les mots ; derrière l’apparente rationalité se dissimule l’intérêt partisan. Il montra la folie des lieux communs et de la doxa qui conduisent au national-socialisme, « triple alliance de l’encre, de la technique et de la mort » Le meurtre et le génocide commencent par la corruption du langage.
Naturellement, les journaux furent la cible préférée de Kraus. « Au commencement était la presse. Puis advint le monde ». La presse diffuse la propagande du pouvoir et inscrit dans les esprits une fausse réalité. Les journalistes participent insidieusement à l’abêtissement général. Pour Kraus, il n’y a qu’un seul remède : l’imagination. La bêtise n’est pas l’absence d’intelligence, mais d’imagination : « Les horreurs les plus inimaginables, on pourrait les imaginer et savoir d’avance combien le chemin est court entre les slogans hauts en couleur, tous les drapeaux de l’enthousiasme, et la misère vert-de-gris. ».
Il a écrit deux grandes oeuvres, Les Derniers jours de l’Humanité, inspirée par la première guerre mondiale, et La Nuit de Walpurgis, à propos de l’avènement du nazisme. Il trouva son matériau dans les journaux ; les citations des acteurs de la vie réelle s’intégrèrent aux dialogues. Le burlesque de certaines scènes annonce le Chaplin du Dictateur et le Arturo Ui de Brecht : les nazis sont grotesques, les croyances convenables du temps présent apparaissent ridicules. Surtout, il prévient : la lâcheté intellectuelle, l’égoïsme et l’indifférence à la souffrance mènent au chaos.
Kraus nous enseigne une chose capitale : la barbarie ne surgit pas un jour. Elle grandit pendant des années, dans les journaux, dans les discours, par le choix d’un mot, par l’entrée dans le discours d’un concept apparemment anodin.
« On ne vit pas même une fois » pensait-il. Mais, malgré son pessimisme, il était du côté de la vie. Il pratiqua une intense chirurgie sur le corps de l’humanité. Pour notre plus grand bonheur, il ne prit pas la peine de l’anesthésier. "

International Noise Conspiracy - Capitalism stole my virginity
Fatal Picard - La sécurité de l'emploi
Noir Désir - The Holy Economic War

Puisque mon frère ne vit que de sa plume voici des liens qui vous permettrons d'acheter son oeuvre:

Martin Page : Comment je suis devenu stupide
Martin Page : Une parfaite journée parfaite (son meilleur bouquin)
Martin Page : La Libellule de ses huit ans
Martin Page : On s'habitue aux fins du monde
Martin Page : Le garçon de toute les couleurs
Martin Page : De la pluie
Martin Page : Juke Box

22.10.07

Le cauchemar de Guy Môquet

""Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses (...) A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. (...) Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! "

Denis Kessler, numéro 2 du Medef.

« Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades

Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage

Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme

Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme

Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice

Guy Môquet

"Quelqu’un a dû penser que «camarade», ça faisait ringard. C’est aussi bête que de gommer les cigarettes sur les vieilles photos. Mais est-ce si grave ?"

Henri Guaino

(à propos de la falsification de l'Histoire opéré par les ultraconservateurs à son service. L'idée étant de faire de Guy Moquet un "compagnon" c'est à dire un résistant gaulliste à la place de la réalité historique et de l'éloigner de ses "camarades" résistants communistes.)

Olivier Bonnet revient sur les conditions de l'arrestation et de l'exécution de Guy Moquet et sur le rôle joué par le patronat français dans cet acte de collaboration avec le régime nazi.

Message aux réactionnaires qui soutiennent ce régime odieux....

continuez comme ça, faite une croix sur l'Histoire et sur les progrès sociaux et la liberté d'expression.

Et vous aurez la guerre!

22.7.07

Caught by the fuzz

Josiane est à l'hôpital, raconte Marie, assise sur un tabouret en plastique. L'hôtel Dieu. La dame qui était à terre est à 8 mois et deux semaines de grossesse ! Elle était là, couchée dans l'eau. Presque nue corps ! C'était affreux. On sait que c'est interdit de vendre dans la rue. Mais c'est pas comme ça qu'on interpelle les gens ! On vend des fruits, des légumes, c'est pas de la drogue, c'est pas de la contrefaçon. On vend des produits vivriers, qui sont dédouanés à Roissy. C'est la population africaine qui mange, c'est notre nourriture ! On mange ça. Ca vient du Cameroun. Nous sommes tous des Camerounais. On ne gêne personne ! »."

ça se passe comme ça à Château-Rouge.

Le premier facteur d'insécurité est le travail d'une partie de la police. Une formation policière bâclée institutionnalisée doublée de directives et d'articles de lois mis en place pour servir la politique médiatique de notre ancien ministre de l'intérieur mais très cher président. Les habitants du quartier n'ont pas a attendre 5 ans pour juger la pertinence de la politique de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité. Ils la vivent au quotidien et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa politique est désastreuse, surtout pour l'image de la police comme fonctionnaires de l'ordre public. Et ce n'est que le début.

ici et vous pourrez lire deux excellents articles sur les derniers dérapages violents des forces de l'ordre juste en bas de chez moi. Ne pas oublier de visionner les vidéos.

Dans le même temps le même homme irresponsable s'obstine à vouloir réduire au silence les sages qui calmement démontrent que la police historiquement n'a que rarement payée pour ses crimes.

"Soutien au groupe de rap La Rumeur | Pétition

Nous artistes, intellectuels, et citoyens, nous déclarons solidaires du groupe de rap La Rumeur, poursuivi avec acharnement et malgré deux relaxes, depuis cinq ans par le ministère de l’intérieur pour avoir publié un texte mettant en cause les violences policières depuis plusieurs décennies en France.

Nous le faisons au nom du principe fondamental de la liberté d’expression. Mais aussi parce que nous estimons qu’il est urgent que s’ouvre enfin un débat sans tabou sur les pages sombres de l’histoire de la police française.

La justice doit reconnaître qu’il n’est pas diffamatoire de revenir sur les massacres d’octobre 1961, de Charonne, ou les bavures commises depuis les années 80.

Signer l’appel "

7.5.07

Nowhere to ride...


Tony Blair S'adresse Aux Français
envoyé par SARKOZlSTE

DSK a raison, la gauche doit se moderniser et suivre la gauche anglaise qui a applaudit la victoire de celui qui tente de dédouaner la France de sa contribution à la mise en application de la solution finale et qui considère le suicide des jeunes comme un fait génétique.
Je viens de m'acheter Children Of Men, le futur est en marche...


10.12.06

Cunts are still running the world

Ce week-end marque la fin d'un mouvement unitaire anti-libéral sensé, les cons dirigeront toujours le monde en 2007. Il faut que je m'y fasse.
Pour me consoler "elle" m'offre un concert de Jarvis Cocker à Londres la semaine prochaine.

4.9.06

(F)rance


C’est donc ainsi que ce fini l’été sur une question d’identité. Une identité sociale plus que personnelle. Si de la dernière je ne m’en préoccupe plus depuis bien longtemps, la première me revient depuis quelques mois souvent à la gueule. Et cet été bien plus violemment que d’habitude.

Alors que pour le reste de l’humanité, je suis un type passionné et combatif qui multiplie les projets culturels et qui les mènera un jour à bout. Pour l’administration, je suis un chercheur d’emploi. Pour le gouvernement et les nantis un assisté, un poids mais surtout un simple chiffre qu’il faudrait faire disparaître. Pour les patrons, je suis au mieux une ressource humaine qui coûte beaucoup trop cher (le smic) au pire un type qui ne travaille pas, donc qui ne veut pas travailler, c’est-à-dire un chômeur. L’incroyable étant que cette minorité sociale (le gouvernement, les nantis et les patrons) a une force de persuasion certaines fois plus efficace que les encouragements de mon entourage. Mon identité sociale, c’est d’appartenir –malgré mes côtés individualistes- à la communauté de Château Rouge. Une identité sociale dont la notoriété est quasi-mondiale de Paris jusqu'à Montpellier, de Bamako à Point à Pitre. Pour beaucoup si je ne suis pas noir, le simple fait de vivre dans ce quartier fait de moi un africain. J’en tire une certaine fierté.

Cet été plus que les autres je me suis donc pris violemment cette identité en pleine face. Surtout à l’occasion des travaux d’aménagements décidés par la mairie de Paris, histoire de construire le Grand Paris. Figurez vous que les socialistes ont décidés de "civiliser" mon quartier. C’est en tout cas ce qu’ils ont permis d’inscrire sur les écriteaux. Charmant. Apparemment l’occupation du quartier par les forces de police et les CRS ne suffisant plus, la mairie a décidé de tout casser pour reconstruire un monde civilisé. Pourquoi tant de flics alors que la plupart n’ont rien d’autre à faire que draguer les filles ? Pourquoi faire passer l’idée aux habitants de ce quartier qu’ici ce n’est pas chez eux ? qu’ils ne sont pas "civilisés" ? Pourquoi si ce n’est finalement pour bien montrer que la France qu’elle soit socialiste ou de droite est un pays raciste. Un ancien pays colonisateur complice de génocides en Afrique et en Europe.

Comme je suis noir, je suis juif. Une identité sociale que je ressens sans pour autant l’être. Ces dernières années plus qu’avant...Cupidon? sans doute mais pas seulement... Cet été être juif n’était pas forcément chose facile. La lecture de "Souvenirs obscurs d’un Juif polonais en France" (Pierre Goldman j'y viendrai) dans le métro m’a bien fait comprendre qu’après les massacres de civils commis par Etat qui se dit Juif au Liban, les juifs ici sont mal vus. La belle affaire, l’excuse est trop belle pour nos habitudes antisémites. La France n’est pas la petite sœur de l’Eglise pour rien. Les Catholiques ont une longue tradition antisémite. Au Vatican les jeunesses hitlériennes ont leur représentant. A Paris, Bertrand Delanoë ne s’en formalise pas et vient de baptiser une place Jean Paul II. La séparation de l’Eglise et de l’Etat dans toute sa splendeur. Quant à moi je me lasse de vivre dans un pays qui s’affirme laïc mais dont les dirigeants stigmatisent les musulmans. Quant à moi je me lasse de vivre dans un pays qui s’affirme laïc mais dont la première dame de France célèbre la messe à l’Elysée.

Quant à moi je me lasse de ce pays qui dénonce régulièrement l’intolérance au moyen orient et aux Etats Unis mais qui n’a pas montré le meilleur des exemples ces dernières années. L’Histoire mal digérée, le chômage, le racisme, l’antisémitisme renforce le communautarisme qui renforce à son tour les préjugés. Je me sens donc las de toutes ces identités sociales que je dois assumer malgré moi. Au moment où l’utopie internationaliste ne se retrouve que dans les flux financiers, l’identité sociale avec l’ordre devient le principal thème de campagne électorale autant à droite qu’à gauche. On y parle aussi de "rupture" et de "révolution". Mais leur révolution autoritaire et identitaire ne sera jamais ma révolution. Ce soir, je me tire d’ici. Je ne me fais aucune illusion sur l’Angleterre, pays qui SI tout se passe bien sera mon pays d’adoption en 2007. "La France vous l’aimez, ou vous la quittez!" Nico…j’ai très envie de te prendre au mot.


Rendez vous vers le 11 septembre.

L'Identité - Les Têtes Raides & Bertrand Cantat.
Don't worry about the gouvernment - The Talking Heads
Paris, je ne t'aime plus - Léo Ferré
France - The Libertines

4.12.05

L'art de la fuite ( en avant )

M. Sarkozy réclame des sanctions judiciaires contre les groupes de rap

PARIS (AP) - Nicolas Sarkozy, tirant les enseignements de la crise des banlieues, s'est prononcé dimanche pour des sanctions contre les groupes de rap qui lancent des appels à la haine dans leurs chansons.

"Il y a des phrases inadmissibles et nous n'avons pas à les accepter", a martelé le ministre de l'Intérieur lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. "Ce n'est pas pas parce qu'on est un jeune, qu'on fait du rap, qu'on doit être exonéré du risque de la sanction", a-t-il ajouté.

"Quand les bornes sont dépassées, quel que soit celui qui les dépasse, que ce soit M. Le Pen ou un rappeur, il doit être sanctionné. C'est l'Etat de droit et personne n'est au dessus des lois".

Je vous laisse avec le groupe de rap Assassin, a vous de voir qui du Ministre de l'Interieur ou des rappeurs à le discours le plus construit, cohérent et le moins insultant:

Assassin - L'odyssée suit son coeur
Assassin - L'Etat Assassine
Assassin - La Peur du metissage
Assassin - Le Systeme Scolaire

21.11.05

There’s not a riot going on

On finira par s’en lasser, mais aujourd’hui lundi 21 novembre, la France est toujours sous le coup d’une loi d’Etat D’Urgence. Le 27 octobre 2005 trois enfants sont poursuivis par la police, un flic muni d’un flash-ball, les mômes prennent peur et se réfugient ( les cons ) dans un local EDF ( maintenant privatisé, mais ça n’a rien à voir. ). Bilan 2 morts. "Le 11 août 1965, un noir de 21 ans, Marquette Frye, qui conduisait en état d'ivresse, est arrêté devant son domicile à la limite de Watts et Compton, des quartiers pauvres du sud de l'agglomération californienne. La famille intervient et deux de ses membres sont interpellés par la police au milieu d'un attroupement.Les esprits s'échauffent et deux jours plus tard, Watts s'embrase. Des barricades s'élèvent, des magasins, des entrepôts et des bus sont brûlés, alors que les forces de l'ordre sont bombardées de cocktails Molotov et de briques." (cf Afp)
Le 31 octobre 2005 des CRS mal préparés ont l’idée merveilleuse de balancer deux grenades lacrymogène sur une mosquée en plein Ramadan, l’une d’elles fait un effet du feu de Dieu dans la salle de prière. Loin de rappeler à l’ordre ses troupes, le ministre de l’intérieur se fait un honneur d’embraser la France entière en rejetant toute responsabilité policière sur ces deux faits. On découvre un peu tard que la responsabilité policière et celle du ministre de l’intérieur sont immenses dans les émeutes qui traversent le pays.
Les bavures policières et les coups d’éclat des « jeunes de banlieues » ne sont pas des faits exceptionnels, cela traverse l’histoire contemporaine de la France. Pourtant, deux faits sont inédits : le ministre de l’intérieur est l’un des principaux responsables des violences. Puis, les émeutiers ont décidés d’en découdre avec tous les symboles de l’Etat et du capitalisme. Comme à la belle époque, "des magasins, des entrepôts, des bus sont brûlés, alors que les forces de l'ordre sont bombardées de cocktails Molotov et de briques.".
En 1965, un intellectuel français curieux des événements de Watts décide d’écrire sur ces émeutes. Il y voit un signe de remise en cause du système marchant et de "la société du spectacle". Il ne connaissait pas les émeutiers et en y réfléchissant, les émeutiers de Watts n’avaient aucune idée de ce qu’ils faisaient. Ils voulaient juste s’exprimer avec les moyens qu’ils avaient. Profiter de la société de consommation et admirer le spectacle de la destruction, sans plus. N’empêche que le texte de Guy Debord eu un impact important et que les émeutes de Watts furent annonciatrices des soulèvements de 1968.
En 2005, un intellectuel curieux des événements en France décide lui aussi de s’exprimer. Lui aussi ne connait rien de la banlieue et des émeutiers n’empêche que pour Alain Fielkenkraut, les émeutiers sont des fascistes. On verra si l’analyse du "dernier intellectuel français" lui donne raison. On a les intellectuels que l’on mérite.
En 1965, selon Greil Marcus dans son essai Lipstick Traces, la musique envahissait les rues et il était fréquent de brûler des bagnoles avec Sly & The Family Stone. Les barricades poussaient au son de Martha Reeves & The Vandellas. En 2005 on a "Je ne suis pas un héros" de Daniel Balavoine repris par la Star Academy. On a la musique que l’on mérite...

En attendant voici "qu’est ce qu’on attend" par Feu NTM.

NTM - Qu'est ce qu'on attend ( Le Feu )
Sly & The Family Stone - There's A Riot Going On
Martha Reeves & The Vandellas - Dancing In The Street
Bob Marley - Burnin' & lootin'


20.11.05

Racaille

Un morceau de reggae traine sur internet depuis la fin de l'été et contrairement à Arcade Fire, Arctict Monkeys et les Dead 60's il n'a jamais été diffusé sur les ondes F.M....Peut être que l'artiste responsable de cette bavure n'est pas si populaire que cela.

The Sarko Skanking

On s’habitue aux fins du monde

Dimanche 20 Novembre, les Français s’habituent à l’Etat d’Urgence. La démocratie est mise en parenthèse. En parenthèse, c’est enfin, tout ce que j’espère. Puisque la révolte n’est apparemment pas à l’ordre du jour, autant oublier tout ça et dénicher toute les belles choses que nous offre l’Humanité. En 2005 on a vu les hôtels parisiens vétustes brûler avec leurs pauvres dedans (Des noirs, vous le croyez ça ?), 2005 ce fut une bonne année pour les agences immobilières. En 2005 on a vu l’armée régler un conflit social. 2005 c’est le chômage en baisse, et la misère qui progresse. En 2005 on a vu Laurence Parisot prendre les rênes du MEDEF et nous avouer que puisque « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ». En 2005 on pouvait entendre un maire expliquer qu’il valait mieux rester devant Star Academy que de se révolter. Pourtant en 2005 on a pu aussi découvrir que la chanson française pétait la forme et finalement n’est-ce pas ça l’important ? Allez quoi…. La vie est belle !!

Mansfield. Tya - Pour Oublier Je Dors
Romain Humeau - Toi
Pauline Croze - T'es Beau
Katherine - Marine Le Pen

P.S: A lire "On s'habitue aux fins du monde" de Martin Page, Ed: Le Dilettante.

19.11.05

Tout un programme

Déjà 11 jours que nous subissons l’Etat Urgence. Chaque jour le gouvernement nous apporte son lot de paroles haineuses et, depuis quelques jours, je me mets à penser à un chanteur croupissant dans une cellule d’une prison française.

J’aimerais croire qu’il ait, malgré son crime, réussi depuis ces années à surmonter sa dépression et sa haine de soi. J’aimerais croire que ses proches le préservent des dégâts politiques de 20 jours d’émeutes. La situation est telle que cela pourrait lui être fatal. Avec le meurtre de Marie Trintignant, Bertrand Cantat a également mis fin à Noir Désir. Le seul groupe qui aurait pu faire descendre nombre de jeunes, de trentenaires dans la rue pour mettre un terme à cette mascarade.

Mais voilà, Noir Désir n’est plus, et la jeunesse n’est pas dans la rue. Dans la rue il n’y a personne à part deux trois pelés minoritaires face à une France qui subit la mise en scène de la peur d’un pouvoir incompétent. Si rien ne bouge, s’il n’y a pas de volontaires, certains feront le choix des armes. Au moment où Jean François Richet présentait son film « Ma 6T Va Cracker » il prévenait « faites gaffes vous êtes en train de créer des diables ». Les diables sont lâchés et tout est fait aujourd’hui pour qu’ils reprennent du service dans les années à venir. Une nouvelle fois quoique j’en dise : La vie est belle !!

Noir Désir - Si rien ne bouge...
Noir Désir & Alain Bashung - Volontaire
Noir Désir - Des Armes
Programme - Je sais ou je vais.